Comment intégrer la biodiversité à son entreprise ?

La biodiversité est un élément à prendre un compte dans une entreprise, notamment pour les bienfaits environnementaux, mais également en faveur des employés. Pour se renseigner et comprendre la biodiversité, nous avons fait appel à Biodiversit’up qui réalise des consultings environnementaux, sensibilise tous les publics grâce aux animations nature, forme les futurs professionnels de ce milieu ou encore, permet à toutes et à tous de cohabiter harmonieusement avec la faune.

Johanna Chopin, fondatrice et gérante de Biodiversit'up souhaite créer un « lien harmonieux entre les contraintes humaines, les souhaits de développement économique et de l'innovation technologique mais également la protection de l'environnement. Biodiversit’up a été créer dans cette logique-là. »

« Anciennement cheffe de projet RSE puis chargée de communication dans l'associatif environnementale, j'ai décidé de partir dans l'entrepreneuriat pour justement valoriser le monde des entreprises.

Je n'apprécie pas du tout la communication culpabilisante environnementale, je trouve que ce n'est pas la bonne façon de faire parce qu'on crée juste un rejet du grand public, de l'environnement et de l'écologie. »

Une interview avec Biodiversit'up pour intégrer la biodiversité à votre entreprise :

Qu’est-ce que la biodiversité ?

« C'est la vie, que ce soit la faune ou la flore, c'est obligatoirement quelque chose en vie. C’est aussi la nature et les habitats qu’ils soient humide, sec, etc. ».

Comment vous êtes en mesure d’aider les entreprises ?

Le Plan Faune Sauvage

« L'objectif, c'est de prendre un territoire, et de faire en sorte qu’il devienne un lieu de cohabitation harmonieuse entre les contraintes humaines et la valorisation environnementale. »

Pour réussir cet objectif, il y a trois étapes : 

  1. L'analyse environnementale.
  2. Une étude ornithologique et mammalogique, puis une cartographie de tous les lieux où la vie sauvage est présente en engendrant des problématiques de cohabitation ou non.
  3. La mise en place d'outils de cohabitation.
  4. Avec par exemple des nichoirs à oiseaux, des gîtes à mammifères, des perchoirs à rapaces, passages à faune...
    Ici, l’objectif est de recréer un habitat viable qui répond aux besoins biologiques de l’animal mais dans une logique de transition pour qu’à la fin, l’animal sauvage puisse rester sans aide humaine et ne devienne pas dépendant.

  5. Le suivi pluriannuel.
  6. Permet d'avoir des indicateurs de performance qui peuvent être utilisés dans les rapports extra financiers, ce qui permet d'avoir une finalité soit de labellisation, soit de protocole de suivi et de pouvoir intégrer cette partie dans les démarches RSE et les rapports et bilans de fin d’années.

« Une partie également très importante, la communication interne, externe et la sensibilisation des salariés. On propose donc des séminaires d'entreprise, où les nichoirs sont recréés par les salariés, par exemple les nichoirs à hirondelles c’est de l’argile, mélangé à de la paille.

Et c’est en recréant une zone de biodiversité très locale, que des petites zones vont se développer et à la fin, on va réussir à faire en sorte que ce soit totalement harmonieux et que ça entre dans les Plan Locaux Urbanisme, et dans les schémas de cohérence territoriale. »

Quels sont les étapes pour accompagner les entreprises ?

1. La cartographie (qui est pour la plupart du temps, liée à un budget assez restreint : entre 600€ et 2 000€ pour la cartographie complète, en fonction de la taille du territoire).

2. Réalisation d’un document listant tout ce qui est réalisable avec un budget total.

3. Validation du budget ou non par l’entreprise, et adaptation du plan d ‘actions si besoin où il y a trois options :

  • Faire seulement les plus petites actions, les plus simples
  • Faire les actions les plus importantes pour la biodiversité tout en respectant les moyens de l’entreprise
  • Réaliser toutes les actions possibles
  • 4. Début de la mise en place du projet et accompagnement jusqu’à la labellisation.

    « L'objectif, c'est de dire à une entreprise : je sais que vous avez des contraintes quotidiennes, vous avez besoin de générer un chiffre d'affaires, vous avez toutes les contraintes humaines, l'environnement, mais faites-moi confiance. »

    Quelles entreprises peuvent faire appel à Biodiversit’up ?

    Biodiversit’up est capable d’accompagner tous types d’entreprises, des industries agroalimentaires, jusqu’au collectivités territoriales, en passant par les écoles et des groupes hôteliers.

    « Du moment qu’il y a de quoi faire avec les animaux sauvages, je suis là ! »

    Est-ce que vous connaissez aujourd'hui l'impact des entreprises sur la biodiversité ?

    « Pas du tout parce que les chiffres ne m'intéressent pas, on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres.

    Quand on est sur le terrain, le chiffre va être intéressant pour le suivi mais de savoir que 85% des entreprises qui ont répondu s'en fichent de la biodiversité, moi je retiens juste qu'il y a 15% que ça intéresse, et peut-être que dans 5 ans il y en aura 20, puis 30, puis 40, puis 50. »

    Avez-vous eu des retours d’entreprises dans lesquels vous êtes intervenue ?

    « Au-delà de toutes les études qui démontrent que la présence de la nature va apaiser dans le monde de l'entreprise, ce qui est hyper intéressant, c'est aussi de l'apaisement et du temps convivial.

    Quand je vois qu’une entreprise fait un appel à candidature et propose 2 heures dans le mois, aux personnes qui le souhaitent, de venir participer à des projets environnementaux. Les salariés voient qu’ils sont payés à faire du potager ou à construire des nichoirs, et que dans dix minutes, on repart au boulot, et bien les trois heures de la journée qui restaient n'ont jamais été aussi productifs. »

    « Les responsables m’expliquaient aussi que lorsque qu’il y a exceptionnellement des heures supplémentaires à faire, ce sont ces personnes qui se proposaient toujours. »

    « On voit vraiment que ça fédère les équipes, ça les fidélise à l'entreprise et ça crée du lien. »

    3 actions simples à mettre en place de votre entreprise :

    « C’est principalement de l’écolonomie : de l’économie par l’écologie ! »

    Différenciation au niveau de la tonte.

    Ne pas tondre son espace vert, permet d’avoir des fleurs, des insectes, et donc des oiseaux, mammifères, etc. Et cet ensemble permettra d’augmenter jusqu’à 85% la biodiversité.

    Si vous souhaitez quand même tondre, pensez plus à créer des chemins autour du terrain, pour que la biodiversité puisse tout de même se développer.

    Différenciation au niveau des arbres et arbustes.

    C’est ce qui permet de créer de l’oxygène, mais ça permet également aux oiseaux de créer leurs nids.

    D’après l’Office Français de la Biodiversité, ne pas tailler ses haies de mai à août permettrait de conserver une biodiversité et les nids des oiseaux.

    Recréer des corridors écologiques.

    Ici, il faut quand même être accompagné mais c'est possible grâce à la création de passages à faune, en commençant par exemple par faire des passages à hérisson dans le grillage (avec des trous d’environ 18cm x 18cm) plutôt d’un côté où il n’y pas de route pour recréer les corridors écologiques naturels.